La « Prière des mères » a démarré en Angleterre en novembre 1995 grâce à Véronica Williams, profondément touchée par les problèmes et les dangers auxquels sont confrontés les jeunes de nos jours.

La spiritualité propre à la prière des mères est basée sur la certitude que Dieu nous aime et sur la confiance totale en Lui et en son action sur nos vies.

Chaque semaine, des mères ou femmes ayant un cœur de mère, se réunissent par petits groupes de 2 à 8 pour prier pour leurs enfants et les confier à la protection du Seigneur en suivant les prières d’un livret qu’elles alternent avec intentions partagées et chants.

Cela se vit sans aucun jugement avec comme règle la confidentialité et l’absence de conseils. Cette prière au delà des frontières (elle est répandue dans plus de 92 pays) est d’un réconfort extraordinaire.

Contact: Marie Chausse

RELIGION 19/10/2014

PRIÈRE DES MÈRES : « LA MATERNITÉ EST UNE VOCATION IMMENSE ET SACRÉ »

Né il y a à peine 20 ans, le mouvement de la Prière des Mères compte aujourd’hui des millions de femmes dans le monde, qui se réunissent régulièrement pour prier. A travers l’abandon et la conversion, ces femmes au « cœur de mère » confient à Dieu leurs enfants et leur famille (et même le monde). Et si le mouvement, qui fêtera ses 20 ans l’an prochain à Bethléem puis à Rome, ne fait pas de bruit, il fait beaucoup de bien. Aleteia fait le point avec Caroline du Boisbaudry, qui a été responsable de la Prière des Mères en France pendant 14 ans.
COUP DE PROJECTEUR SUR UN MOUVEMENT QUI CHANGE LE MONDE PAR L’AMOUR ET LA PRIÈRE DES MÈRES, EN COMMENÇANT PAR LA FAMILLE. UTILE, ALORS QUE S’ACHÈVE LE SYNODE.

Quelle est l’étendue du mouvement de la Prière des Mères dans le monde aujourd’hui ?

Caroline du Boisbaudry : La Prière des Mères est un peu comme l’Eglise : il y a ce qui est visible et répertorié, et ce qui est invisible et nous échappe (et que nous confions à la protection du Seigneur). Tous les groupes ne sont pas enregistrés, ce qui ne permet pas de tenir une comptabilité exacte. Mais ce n’est pas notre objectif : la Prière des Mères est l’œuvre de l’Esprit Saint, qui souffle comme il veut. Par ailleurs, s’intéresser aux chiffres comporte un risque, celui d’en tirer gloire.

Pouvez-vous néanmoins nous donner quelques chiffres ?

C. du B. : La Prière des Mères est répandue dans plus de cent pays à travers le le monde. Officiellement, le livret de prière, sur lequel les groupes s’appuient, est traduit dans plus de 40 langues, dont le japonais, le tamoul, l’Arabe… Le mouvement est très bien implanté en France (3000 groupes enregistrés, comptant jusqu’à 8 personnes) et dans les pays de l’est : République Tchèque, Slovaquie et Russie, où l’Eglise orthodoxe l’encourage. Il est aussi présent en Afrique – au Cameroun, par exemple – ainsi que dans des pays où les chrétiens sont persécutés.

Comment le mouvement s’est-il développé ?

C. du B. : Il a démarré en Angleterre – dans le Kent – en 1995. En trois mois, il était déjà connue dans tout le Royaume Uni, grâce à la presse et sans que la fondatrice, Veronica Williams, ait fait quoique ce soit dans ce but. Il s’est ensuite développé de façon toute aussi providentielle et inattendue, notamment par le hasard des rencontres. C’est comme cela qu’il continue de grandir.

Qui sont ces femmes qui se réunissent pour prier ?

C. du B. : Elles viennent de tous horizons et de tous milieux. Les jeunes mamans côtoient les grands-mères, et même les arrières grand-mères, la prière des mères étant également priée dans les maisons de retraite ! Certains groupes comptent des « mères spirituelles » (qui n’ont pas d’enfants selon la chair, ndlr). Dans certains pays, où les femmes ont des conditions de vie difficiles, comme les pays de l’est, certaines se réunissent avant le réveil des enfants. Les catholiques sont majoritaires, mais la Prière des Mères compte aussi des protestantes et des orthodoxes.

Quelles sont leurs motivations ?

C. du B. : Les trois quart du temps, ces femmes viennent pour prier pour leurs enfants. Les unes parce qu’elles sont très religieuses et qu’elles veulent tout simplement les confier au Seigneur. D’autres parce qu’elles ne savent plus à quel saint se vouer ! Toutes prient également pour les pères de leur(s) enfant(s). Dieu nous invitant à élargir l’espace de notre tente, les mères confient plus largement tout ce que l’Esprit Saint met dans leur cœur : couples en difficulté, problèmes de santé ou de travail, paix dans le monde, chrétiens persécutés…

Parlez-nous des grâces reçues…

C. du B. : La spiritualité du mouvement est celle de l’abandon à 100% de nos enfants entre les mains de Dieu, qui les aime infiniment plus que nous ne pouvons le faire. Elle nous remet à notre juste place : nous ne sommes que les « gardiennes provisoires » de leur âme, des intercesseurs ; le Sauveur, c’est le Christ. De l’abandon découle la paix, qui est la première grâce de la prière des mères. Elle fait également entrer dans le regard du Christ, qui est amour et miséricorde, ne juge pas et ne condamne pas. C’est un sacré chemin de conversion !

Et que deviennent les demandes et les difficultés ?

C. du B. : Le Seigneur répond largement à la prière des mères, à travers de nombreux exaucements : réconciliations dans les familles, bébés diagnostiqués mal formés qui naissent en parfaite santé, retour à la foi, nombreux cas de protection tangible. Je pense à cette femme qui est entrée dans un groupe avec de nombreux et graves problèmes. Au fil des ans, à travers la prière des mères et sa propre conversion, les trois quart de ses difficultés se sont résolues. Parfois, les épreuves perdurent, mais les personnes arrivent à les vivre de façon différente.

À travers les grâces reçues, un plan de Dieu sur la Prière des Mères se dessine-t-il ?

C. du B. : Dans ce monde « désorbité », où les parents ne savent plus comment faire face, la Prière des Mères apparaît comme un cadeau que le Seigneur nous envoie pour nous dire : Ne vous inquiétez pas, je suis toujours votre père et celui de vos enfants et je ne vous abandonnerai jamais. Priez pour la protection de vos enfants, et montrez-leur votre amour inconditionnel.

La Prière des Mères n’est-elle pas aussi un mouvement d’unité ?

C. du B. : Oui, non seulement entre les différentes confessions chrétiennes, mais aussi dans l’Eglise. Dans certains groupes, des membres de sensibilités religieuses très différentes prient ensemble, et cela ne pose pas de problème. On est là, comme des sœurs, dans la simplicité et la vérité ; et on passe par-dessus nos différences, par amour pour nos enfants. A travers la prière des mères, le Seigneur fait tomber bien des barrières et des à priori. C’est Lui qui réalise l’unité.

Si on vous avait donné la parole, lors du synode sur la famille, qu’auriez-vous dit ?

C. du B. : La Maternité est une vocation immense et sacré. Les mères sont appelées à être le lien entre le ciel et la terre par la prière, ce fil invisible par lequel l’amour victorieux de jésus passera.