Pourquoi je suis devenu catéchiste

C'est en tant que parent accompagnateur au FRAT que j'ai abordé la catéchèse. J'ai été séduit par la force de vie qui se dégage dans ces rassemblement de jeunes. On m'a demandé ensuite d'être catéchiste pour les classes de 3 ème et de 2de,  puis responsable d'équipes. Chaque chrétien est appelé, de par son baptême, à exercer une responsabilité au sein de la communauté. Pour moi, c'est une façon de transmettre ce que j'ai reçu !

 

Une  confiance mutuelle indispensable

Le manque de catéchistes est une réalité. Pour faciliter l'entrée de nouvelles recrues, il est indispensable que le curé de la paroisse ou le prêtre accompagnateur fasse confiance à celui qui recrute ! Cette confiance mutuelle est également nécessaire à chaque échelon. Par exemple, faire la part belle aux initiatives des animateurs même si elles bousculent un peu les habitudes. Dans les équipes il arrive que certains catéchistes aient une façon "plus carrée" de fonctionner ou d' imposer aux enfants leur vision de la foi. C'est au responsable de l'équipe d'intervenir alors en douceur pour faire évoluer la personne vers une initiation de type plus catéchuménal : accepter de prendre la personne là où elle en est et ne pas vouloir absolument la conduire là où on veut...
Enfin, j'aimerais dire à tous ceux qui hésitent à s'engager en catéchèse, qu'ils ont sûrement en eux la capacité d'être catéchiste, mais qu'ils doivent absolument d'abord "se" faire confiance. Cependant, il ne faut pas se leurrer, et -c'est peut-être une des causes de la pénurie des catéchistes-, faire la catéchèse engage toute la personne. Les questions-réponses toutes faites des années 50 - 60  apprises par coeur ne sont plus! La personne qui transmet sa foi pose un acte personnel, acompagnée par une équipe solidaire.

Une formation et un accompagnement nécessaires**

Tout chrétien s'il a réfléchi à ce en quoi il croit, est capable de transmettre la foi, mais certains ont moins de facilité pour intervenir dans un groupe. Les formations sont là pour les y aider : que ce soit des sessions autour de la Bible pour étayer les repères donnés aux jeunes ou que ce soit des techniques d'animation de groupe ! Une nouvelle recrue qui s'embarque toute seule face à une classe d'adolescents sans aucune formation peut connaîre un échec humain cuisant. Dans notre équipe, nous estimons qu'il est précieux de fonctionner en binôme les premières séances, pour sécuriser les "débutants-catéchistes". Ceux qui ont en charge des classes d'adolescents doivent parfois faire face à des questions qui les déstabilisent. Il faut dire aux catéchistes qu'ils ont le droit de ne pas savoir répondre. Cela m'est arrivé plusieurs fois. Je m'arrête alors pour décortiquer la question posée, avec le jeune. Une fois, je suis même revenu sur ma réponse une semaine après, parce que j'avais mûri mon raisonnement. L'important c'est que les enfants comprennent qu'eux aussi sont capables de réflexion.


La catéchèse a besoin d'hommes !

Il me paraît absolument vital pour l'avenir de l'Eglise, que les jeunes ne considèrent pas la catéchèse comme une "affaire des femmes". Les hommes y ont un rôle important à jouer. Sans remettre en cause la qualité de transmission de mes collègues femmes, j'ai remarqué le changement d'attitude que procure parfois le témoignage d'un homme catéchiste sur les adolescents, habitués depuis plusieurs années  à une "transmission plus féminine". Souvent à l'occasion de réunions de parents, il m'arrive de parler aux parents, et plus spécialement aux pères présents, du manque d'effectifs. Pour qu'ils se sentent concernés! Ceci est plus difficile lorsque les parents ne sont pas convaincus et considèrent la catéchèse comme un cours de morale.

Le bonheur de témoigner

Lorsque je recrute des catéchistes pour mon équipe, qu'ils soient hommes ou femmes, je mets l'accent sur le bonheur qu'ils auront à témoigner. Les évêquent insistent toujours sur le nécessaire temps de maturation pour devenir chrétien, sur l'immersion en terrain croyant. Le catéchisme  ouvre chez l'enfant un chemin qui se poursuit tout au long de la vie. Le catéchiste lui-même, poursuit son chemin de foi au contact des jeunes. J'aime comparer la catéchèse au chemin d'Emmaüs, non pas que je me prenne pour le Christ mais pour moi un bon catéchiste doit éveiller l'enfant de l'intérieur. Comme les pèlerins d'Emmaüs quand ils se demandent : notre coeur n'était-il pas brûlant quand il nous parlait  sur la route ? (Lc 24,13-35)"

 

** Théo Laoshi propose à Shanghai des formations spécifiques pour les animateurs de catéchèse

Ce témoignage a été publié par croire.com: Témoignage de Bruno Mercier, 63 ans, catéchiste à Paris et responsable d'équipes de catéchèse.

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