Le carême

L’entrée en Carême constitue de la part des chrétiens une sorte d’entrée en retraite spirituelle, où chacun se retrouve devant Dieu, afin de mettre son existence en perspective. La préparation à la Semaine sainte, qui implique la participation au Mystère pascal, exige cette période dite de “pénitence”, de purification et de clarification de la conscience.

Benoît XVI, pour y aider tous les fidèles, a centré cette année sa réflexion sur un passage de l’épître aux Hébreux : “Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes.” (He 10,24). En s’arrêtant sur cette invitation instante, le pape nous met, en quelque sorte, en demeure de nous interroger sur nous-mêmes et notre façon de traiter le prochain. Cela ne peut se faire que dans une stimulation réciproque entre frères dans la foi. Nous ne pouvons vivre enfermés dans notre quant-à-soi, nous sommes dans une situation de communion. Celle-ci implique de sortir de notre individualisme qui est un des travers de l’époque avec “l’indifférence, le désintérêt qui naissent de l’égoïsme dissimulé derrière une apparence de respect pour la sphère privé”.

Le Carême devrait donc être un moment privilégié pour sortir de nous-mêmes et de l’indifférence à l’égard du frère et de la communauté humaine. Alors que sévit la crise économique, ce message devrait retentir directement aussi bien dans les cœurs que dans les instances de délibération et de décision. Il y a, en effet, une dimension morale et même spirituelle de l’économie, car celle-ci ne saurait se réduire à une discipline close sur elle-même. Celle qu’impose une foi rationnelle en des facteurs d’auto-régulation. L’économie moderne cache trop souvent ce fait qu’elle ne correspond pas à la seule satisfaction des besoins vitaux de l’humanité, parce qu’elle obéit aussi à la logique d’un désir qui échappe à la raison et à la justice. Dans un essai assez ravageur [1], Jean-Pierre Dupuy rappelle la face cachée de l’économisme, en soulignant que “le pauvre souffre moins de son indigence matérielle que du fait que personne ne fait attention à lui”. C’est exactement ce que pense Benoît XVI, et c’est pourquoi il nous presse de nous stimuler réciproquement pour sortir de notre égoïsme et nous convertir à la charité.

Notes [1] Jean-Pierre Dupuy, L’avenir de l’économie. Sortir de l’économystification. Flammarion, collection "Essais", 2012.

LE CHRISTIANISME PROGRESSE EN CHINE

3,9% des étudiants des Universités de Pékin se déclarent chrétiens et 17,6% indiquent être intéressés par le christianisme. En outre, parmi ceux qui n'ont pas encore trouvé une réponse satisfaisante au sens de la vie, la majeure partie est convaincue de pouvoir la trouver dans le christianisme. Il s'agit là de quelques-unes des statistiques rapportées par Faith et contenues dans la thèse intitulée « Chinese Traditional Culture Study Fever, Scarcity of Meaning and the Trend of University Students' Attitude toward Religions » du Pr. Sun Shangyang, de la Faculté de Philosophie et religion de la Beijing University et de Li Ding, enseignant de la People University de Pékin. La thèse en question a été publiée dans le « International Journal of Sino-Western Studies » de décembre 2011, revue universitaire semestrielle publiée en Finlande en langue chinoise et en anglais.

Selon l'enquête réalisée auprès de 629.561 étudiants de 55 Universités ou instituts se trouvant dans la capitale chinoise (dont environ 2.000 fréquentent les 13 Universités de premier plan de la Chine continentale), 3,9% des personnes interrogées se sont déclarés chrétiens, 7% bouddhistes, 4% confucéens, 2,7% taoïstes et 2,1% musulmans. Par ailleurs, 4,5% des personnes interrogées ne pensent jamais ou peu au sens de la vie alors que 95% d'entre elles réfléchissent souvent au sens de la vie. 42,4% de l'échantillon estiment avoir trouvé la juste réponse aux questions fondamentales, 31,1% ne l'ayant pas encore trouvée et 26,5% se trouvant dans un état de recherche et de perplexité. Plus de 78% des personnes interrogées se déclarent intéressés par la religion et 17,6% indiquent être intéressés par le christianisme.

La majeure partie de ceux qui n'ont pas encore trouvé la réponse satisfaisante au sens de la vie, soit 31,1% des personnes interrogées, pensent pouvoir la trouver dans le christianisme. En outre, les étudiants ont remarqué qu'en Chine, il existe de très nombreuses religions mais que seule l'Ecriture Sainte explique « d'où vient l'homme », « où il va », « pourquoi il vit », « quel est le véritable sens et la valeur de la vie » qui sont les quatre principales questions à propos desquelles les étudiants s'interrogent.

Crimes contre les chrétiens : Il ne faut ne plus se taire ! Entretien avec Massimo Introvigne, représentant de lOCSE

 

ROME, vendredi 16 décembre 2011 (ZENIT.org)

Pour lutter contre les discriminations, il est important de «ne pas se taire» et de communiquer les données des crimes contre les chrétiens, affirme Massimo Introvigne. Car, si les victimes sont «sympathiques par définition», trop souvent, on se réfère aux persécuteurs avec euphémisme. Si bien que parfois il semble presque « que les chrétiens se persécutent tout seuls».

«L’intolérance et la discrimination sont les deux premiers stades d’un plan incliné qui conduit à la persécution», analyse également le professeur Massimo Introvigne, représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour les crimes contre les chrétiens.

Le professeur Massimo Introvigne - fondateur et directeur du Cesnur (Centre pour l’étude des nouvelles religions) a accordé cet entretien à l’Aide à l’Eglise en détresse (AED) d’Italie,  publié sur le site « Vatican Insider ».

 

Professeur Introvigne, ces derniers jours nous avons entendu parler de liberté religieuse et de crimes contre les chrétiens dans deux importantes rencontres internationales à Moscou et Istanbul. D’autres évènements ont été organisés à l’occasion de la réunion annuelle des 56 ministres des affaires étrangères de l’OSCE en Lituanie. Quelle est l’importance de l’information en matière de crimes contre les chrétiens?

Les évènements cités – parmi lesquels des dialogues avec des représentants de la société civile des pays concernés par le “printemps arabe” – nous ont permis de déterminer dans l’information un des problèmes centraux dans la lutte contre la persécution et la persécution des chrétiens. Partout on écoute volontiers les histoires des victimes et on leur exprime de la sympathie, souvent avec une émotion sincère. Les victimes sont par définition sympathiques. Mais il y a beaucoup plus de réticence à identifier clairement les persécuteurs, en les appelant par leur nom et leur prénom. Il s’agit souvent de partenaires économiques ou de pays puissants du point de vue politique ou militaire, qu’on ne souhaite pas mécontenter. Et l’on recourt à des euphémismes et des métaphores qui souvent laissent l’impression que les chrétiens se persécutent tout seuls.

 

Durant votre intervention à la rencontre moscovite, vous avez dit que si elle continue à se taire l'Europe risque  un “naufrage moral et spirituel, plus nocif encore que la crise économique”. Comment peut-on l’éviter?

J’ai pris prétexte de l’exposition sur la peinture italienne du 19e en Corse à l’Hermitage de Saint-Petersbourg, faisant remarquer un des thèmes qui s’est transmis de la peinture italienne à la peinture russe au 19e siècle: le naufrage. Si elle continue à se taire sur la persécution des chrétiens, par peur d’offenser les persécuteurs – même s’ils nous fournissent le pétrole ou achètent nos bons du trésor -, l'Europe risque en effet un naufrage moral. De nombreuses initiatives peuvent être prises sur le plan diplomatique, mais la première doit être de ne pas se taire et de fournir des informations fiables.

 

Lors des deux journées russes, a émergé la nécessité d’un centre de contrôle et de centralisation des données sur les discriminations contre les chrétiens auquel collaboreront activement les institutions ecclésiastiques…

Pour la centralisation des données sur les crimes de haine, également contre les chrétiens, l’OSCE a déjà un mécanisme, qui fonctionne bien lorsque les Etats participants envoient régulièrement les données. Malheureusement, tous ne le font pas. Il y a également des initiatives non gouvernementales qui offrent des chiffres mis à jour en permanence et très fiables et qu’il faut valoriser. De ce point de vue, il faut souligner la contribution importante de l’AED, en particulier avec ses rapports périodiques sur la liberté religieuse dans le monde.

 

Le patriarche Kirill a souhaité aussi l’institution d’un dispositif complet et efficace pour la protection des communautés chrétiennes et des chrétiens, par la création d’un organisme consultatif auprès des Nations Unies. Quelles seront les fonctions de cet organisme?

J’ai pu discuter de l’éventuel organisme consultatif avec les représentants du patriarcat de Moscou. Je dois préciser que l’idée rencontre quelques résistances de la part de l’ONU, qui préfèrerait déléguer la compétence à l’UNESCO. Selon le primat de l’Eglise russe, ce devrait être un organe de coordination et de vigilance capable de porter non seulement la voix des chrétiens, mais aussi celle de toutes les victimes de discriminations et persécutions religieuses. Clairement – et le problème est bien présent au patriarcat – il est nécessaire d’éviter tout relativisme. Cela ne doit pas être un “ONU des religions”, mais un organisme focalisé sur les discriminations et les persécutions religieuses, pour les prévenir et les combattre, au plan juridique et diplomatique.

 

Cette année vous avez été nommé représentant de l’OSCE pour la lutte contre l’intolérance et la discrimination auxquelles sont confrontés des chrétiens. Votre présence et celle des deux représentants contre l’antisémitisme, le rabbin Andrew Baker, et l’islamophobie, le sénateur Adil Akhmetov, montrent l’attention du président Aubalis au thème de la liberté religieuse. Quel est le bilan de 2011?

Selon Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, cette année l’OSCE a obtenu «d’excellents résultats» dans la lutte contre les persécutions des chrétiens. Bien que l’attention mondiale se soit limitée aux duels entre Hillary Clinton et le ministre des affaires étrangères russe Sergei Lavrov sur les irrégularités des élections en Russie, au cours des rencontres de l’OSCE à Vilnius, les références intéressantes à la liberté religieuse n’ont pas manqué. A cette occasion le secrétaire d’Etat américain a demandé aux gouvernements élus à la suite du “printemps arabe” de respecter les minorités religieuses. J’ai moi-même relevé de nombreuses fois qu’en Afrique du nord les chrétiens ne se contentent pas de la simple tolérance. Il est urgent, suite aux révoltes, de protéger aussi les lieux de culte, spécialement ceux des minorités. Cela peut sembler un objectif de seconde importance, mais ça ne l’est pas. Et de nombreux pays de l’OSCE soutiennent l’idée d’une convention internationale pour la protection des édifices de culte et des cimetières. Parce que qui détruit les églises veut tuer l’âme des communautés chrétiennes, et qui cherche à tuer l’âme n’aura pas non plus de respect pour le corps et la vie des chrétiens.

 

A Moscou le métropolite Hilarion, représentant de l’Eglise orthodoxe russe auprès des institutions européennes, a cité le refus de l’Europe de son identité chrétienne parmi les causes de la persécution des chrétiens. Il a aussi critiqué l’“esprit de correction” de certaines politiques européennes plus centrées sur l’inadmissibilité de l’antisémitisme et de l’islamophobie, que sur les  discriminations contre les chrétiens. Etes-vous d’accord?

Bien que personne ne veuille mettre sur le même plan les massacres en Egypte ou au Pakistan et les épisodes européens où les églises chrétiennes sont ridiculisées ou marginalisées, en Europe nous avons des cas toujours plus fréquents d’intolérance et de discrimination contre les chrétiens. Le patriarche Kirill comme le métropolite Hilarion ont particulièrement insisté sur ce point. Le métropolite a rappelé la tentative d’exclure le crucifix des salles de classe dans les écoles italiennes. Il ne me semble pas prudent d’opposer la lutte contre l’antisémitisme et contre l’intolérance et les discriminations contre les musulmans à celle pour les droits des chrétiens. Et l’OSCE, à travers les trois représentants que nous sommes, cherche à montrer de manière visible que ces trois luttes sont d’égale importance aussi d’un point de vue politique et diplomatique.

 

Quelles sont les formes de discrimination dans le monde occidental ?

Comme l’a rappelé durant la rencontre moscovite Mgr Erwin Josef Ender, le pape a fait sienne l’expression «christianophobie» inventée par le juriste juif des Etats-Unis Joseph Weiler, justement à propos de l’Occident. Benoît XVI a souvent relevé comment «déplaçant notre regard de l’Orient vers l’Occident» nous nous trouvons face à d’autres types de menaces contre le plein exercice de la liberté religieuse. Ce sont là des pays où l’on donne une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais dans lesquels la religion subit une marginalisation croissante et où elle est considérée comme facteur extérieur à la société moderne. Comme pour les limitations aux objections de conscience en matière d’avortement, on en arrive à exiger que les chrétiens agissent en contradiction avec leurs convictions religieuses et morales. La «christianophobie» est aussi manifestée par les menaces à la liberté d’éducation et par l’aversion administrative envers les écoles chrétiennes. Par exemple dans les pays européens où est imposée la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civile qui transmettent des conceptions de la personne et de la vie soi-disant neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la raison droite.
 L’intolérance est un fait culturel et la discrimination une donnée juridique. Mais ce sont les deux premiers stades d’un chemin inscrit sur un plan incliné et qui, s’il n’est pas arrêté à temps, conduit fatalement à la troisième étape de la violence et de la persécution.

 

Pour une mondialisation responsable

 


DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AUX AMBASSADEURS PRÈS LE SAINT-SIÈGE

15 décembre 2011

L’unité de la famille humaine est aujourd’hui vécue comme un fait. En raison des moyens de communications sociales qui relient toutes régions de la planète les unes aux autres, des transports qui facilitent les échanges humains, des liens commerciaux qui rendent les économies interdépendantes, des défis qui prennent une envergure mondiale tels que la sauvegarde de l’environnement, l’importance des flux migratoires, les hommes ont compris qu’ils avaient désormais une destinée commune. À côté des aspects positifs, cette prise de conscience est parfois perçue comme un fardeau en ce sens qu’elle élargit considérablement le domaine de responsabilité de chacun, et qu’elle confère à la résolution des problèmes une complexité d’autant plus grande que les acteurs sont plus nombreux. Ceci ne peut être nié ; cependant, le regard de l’humanité sur elle-même doit évoluer pour découvrir dans cette interdépendance non pas une menace, mais un avantage : celui qu’ont les hommes à travailler les uns avec les autres, les uns pour les autres. Nous sommes tous responsables de tous, et il est important d’avoir une conception positive de la solidarité. Elle est le levier concret du développement humain intégral qui permet à l’humanité de marcher vers son accomplissement. En considérant tous les champs où la solidarité mérite de s’exercer, nous devons accueillir comme un signe positif de la culture actuelle, l’exigence, de plus en plus présente à la conscience de nos contemporains, d’une solidarité intergénérationnelle. Celle-ci trouve son enracinement naturel dans la famille, qu’il convient de soutenir pour qu’elle continue de remplir sa mission essentielle dans la société. Et en même temps, pour élargir le champ de la solidarité et la promouvoir durablement, l’éducation des jeunes est la voie privilégiée. Dans ce domaine, j’encourage chacun, quel que soit son niveau de responsabilité et particulièrement les gouvernants, à faire preuve d’inventivité, à prendre et à investir les moyens nécessaires pour donner à la jeunesse les bases éthiques fondamentales, notamment en l’aidant à se former, et à lutter contre les maux sociaux que sont le chômage, la drogue, la criminalité et le non-respect de la personne. La préoccupation pour le sort des générations futures conduit à une avancée significative dans la perception de l’unité du genre humain.

Il n’y a pas à craindre que cette responsabilité commune et partagée pour le bien du genre humain tout entier se heurte sans fin à la diversité culturelle et religieuse comme à une impasse. Le pluralisme des cultures et des religions ne s’oppose pas à la recherche commune du vrai, du bien et du beau. Éclairée et soutenue par la lumière de la Révélation, l’Église encourage les hommes à faire confiance à la raison qui, si elle est purifiée par la foi « l'élève, lui permettant ainsi d'élargir ses propres espaces pour s'insérer dans un domaine de recherche insondable comme le mystère lui-même » (Discours à l’occasion du Xe anniversaire de l’Encyclique Fides et ratio, 16.10.2008). Elle est alors capable de dépasser les conditionnements partisans ou intéressés, pour reconnaître les biens universels dont tous les hommes ont besoin. Parmi ces biens, la paix et l’harmonie sociale et religieuse tant désirées sont liées non seulement à un cadre législatif juste et adapté, mais aussi à la qualité morale de chaque citoyen car « la solidarité se présente sous deux aspects complémentaires : celui de principe social et celui de vertu morale » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n.193).

La solidarité remplit pleinement son rôle de vertu sociale lorsqu’elle peut s’appuyer à la fois sur des structures de subsidiarité et sur la détermination ferme et persévérante de chaque personne à travailler pour le bien commun, dans la conscience d’une responsabilité commune. Les nouveaux défis auxquels vos pays se trouvent aujourd’hui confrontés appellent certainement une mobilisation des intelligences et de la créativité de l’homme pour lutter contre la pauvreté et pour une plus efficace et plus saine utilisation des énergies et des ressources disponibles. Tant sur le plan individuel que politique, il s’agit de s’acheminer résolument vers un engagement plus concret et plus largement partagé à l’égard du respect et de la protection de la création. J’encourage donc vivement les autorités politiques de vos pays à œuvrer dans ce sens.

Enfin, faire croître la responsabilité de tous entraine aussi une vigilance active et efficace pour le respect et la promotion de la dignité humaine face à toute tentative de l’amoindrir, voire de la nier ou à une instrumentalisation de chaque personne. Une telle attitude contribuera à éviter à l’agir social de devenir trop facilement la proie d’intérêts privés et de logiques de pouvoir qui entrainent la désagrégation de la société et accentuent la pauvreté. C’est en s’appuyant sur la notion de développement intégral de la personne humaine que la solidarité pourra advenir et permettre davantage de justice. À cet égard, il revient non seulement aux religions de mettre en honneur la primauté de l’esprit, mais aussi aux États de le faire, notamment à travers une politique culturelle qui favorise l’accès de quiconque aux biens de l’esprit, valorise la richesse du lien social et ne décourage jamais l’homme de poursuivre librement sa quête spirituelle.

 

 

 

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