MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI POUR LA 46ème JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES
"Silence et Parole : chemin d’évangélisation"
[Dimanche 20 mai 2012]
Chers frères et sœurs,
A l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales 2012, je désire partager avec vous quelques réflexions sur un aspect qui malgré son importance, est quelquefois négligé dans le processus humain de la communication. Il s’agit du rapport entre silence et parole dont l’importance doit être particulièrement soulignée aujourd’hui. Silence et parole sont deux moments de la communication qui doivent s'équilibrer, se succéder et se compléter pour parvenir à un dialogue authentique et à une profonde proximité entre les personnes. Lorsque parole et silence s'excluent mutuellement, la communication se détériore, soit parce qu’elle provoque un certain étourdissement, soit au contraire parce qu’elle crée un climat de froideur ; lorsque, en revanche, ils se complètent harmonieusement, la communication acquiert valeur et cohérence.
Le silence fait partie intégrante de la communication et sans lui aucune parole riche de sens ne peut exister. Dans le silence nous écoutons et nous nous connaissons mieux nous-mêmes ; dans le silence, la pensée naît et s’approfondit, nous comprenons avec une plus grande clarté ce que nous voulons dire ou ce que nous attendons de l'autre, nous choisissons comment nous exprimer. Se taire permet à l'autre personne de parler, de s’exprimer elle-même, et à nous de ne pas rester, sans une utile confrontation, seulement attachés à nos paroles ou à nos idées.
Ainsi s’ouvre un espace d’écoute mutuelle et une relation humaine plus profonde devient possible. Dans le silence, par exemple, se saisissent les instants les plus authentiques de la communication entre ceux qui s'aiment : le geste, l'expression du visage, le corps comme signes qui révèlent la personne. Dans le silence, la joie, les préoccupations, la souffrance parlent et trouvent vraiment en lui une forme d'expression particulièrement intense.
Le silence permet donc une communication bien plus exigeante, qui met en jeu la sensibilité et cette capacité d'écoute qui révèle souvent la mesure et la nature des liens. Là où les messages et l'information sont abondants, le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire. Une réflexion profonde nous aide à découvrir la relation existante entre des événements qui à première vue semblent indépendants les uns des autres, à évaluer, à analyser les messages ; et cela permet de partager des opinions pondérées et pertinentes, donnant vie à une connaissance authentique partagée. Il est donc nécessaire de créer une atmosphère propice, comme une sorte d'« écosystème » qui sache équilibrer silence, parole, images et sons.
Une grande partie de la dynamique actuelle de la communication est orientée par des questions en quête de réponses. Les moteurs de recherche et les réseaux sociaux sont le point de départ de la communication pour beaucoup de personnes qui cherchent des conseils, des suggestions, des informations, ou des réponses. De nos jours, internet devient toujours plus le lieu des questions et des réponses ; bien plus, l'homme contemporain est souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées et soumis à des besoins qu’il n'aurait pas ressentis.
Le silence est précieux pour favoriser le nécessaire discernement parmi tant de sollicitations et tant de réponses que nous recevons, précisément pour reconnaître et focaliser les questions vraiment importantes. De toute façon, dans le monde complexe et varié de la communication, l'attention d’un grand nombre se concentre sur les questions ultimes de l'existence humaine : Qui suis-je ? Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? Il est important d’accueillir les personnes qui formulent ces interrogations, en ouvrant la possibilité d’un dialogue profond, fait de parole, de confrontation, mais également d'invitation à la réflexion et au silence. Parfois, celui-ci peut être bien plus éloquent qu’une réponse hâtive et permettre à qui s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et de s'ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l'homme.
Ce flux incessant de questions manifeste, au fond, l'inquiétude de l'être humain toujours à la recherche de vérités, petites ou grandes, qui donnent un sens et une espérance à l'existence. L'homme ne peut se contenter d'un simple et tolérant échange d’opinions sceptiques et d’expériences de vie : tous, nous sommes des chercheurs de vérité et partageons ce profond désir, spécialement à notre époque où « lorsque les personnes s'échangent des informations, déjà elles partagent d'elles-mêmes, leur vision du monde, leurs espoirs, leurs idéaux » (Message pour la Journée Mondiale des Communications Sociales 2011).
Il faut considérer avec intérêt les diverses formes de sites, d'applications et de réseaux sociaux qui peuvent aider l'homme d'aujourd'hui à vivre des moments de réflexion et d’interrogation authentique, mais qui peuvent aussi l’aider à trouver des espaces de silence, des occasions de prière, de méditation ou de partage de la Parole de Dieu. Dans la substance de brefs messages, souvent pas plus longs qu'un verset biblique, on peut exprimer des pensées profondes à condition que personne ne néglige le soin de cultiver sa propre intériorité.
Il n'y a pas lieu de s'étonner que, dans les différentes traditions religieuses, la solitude et le silence soient des espaces privilégiés pour aider les personnes non seulement à se retrouver elles-mêmes mais aussi à retrouver la Vérité qui donne sens à toutes choses. Le Dieu de la révélation biblique parle également sans paroles : « Comme le montre la croix du Christ, Dieu parle aussi à travers son silence. Le silence de Dieu, l’expérience de l’éloignement du Tout-Puissant et du Père est une étape décisive du parcours terrestre du Fils de Dieu, Parole incarnée. (…)
Le silence de Dieu prolonge ses paroles précédemment énoncées. Dans ces moments obscurs, il parle dans le mystère de son silence » (Exhortation apostolique postsynodale, Verbum Domini, 30 septembre 2010, n. 21). Dans le silence de la Croix, l'éloquence de l'amour de Dieu vécu jusqu'au don suprême, parle. Après la mort du Christ, la terre demeure en silence et le Samedi Saint, lorsque « le Roi dort et le Dieu fait chair réveille ceux qui dorment depuis des siècles » (cf. Office des Lectures du Samedi Saint), résonne la voix de Dieu remplie d’amour pour l'humanité.
Si Dieu parle à l'homme aussi dans le silence, de même l'homme découvre dans le silence la possibilité de parler avec Dieu et de Dieu. « Nous avons besoin de ce silence qui devient contemplation et qui nous fait entrer dans le silence de Dieu pour arriver ainsi au point où naît la Parole, la Parole rédemptrice. » (Homélie du Pape Benoît XVI à la concélébration avec la Commission Théologique Internationale, Chapelle Redemptoris Mater, 6 octobre 2006). Pour parler de la grandeur de Dieu, notre langage se révèle toujours inadéquat et ainsi s’ouvre l'espace de la contemplation silencieuse. De cette contemplation naît dans toute sa force intérieure l'urgence de la mission, la nécessité impérieuse « de communiquer ce que nous avons vu et entendu », pour que tous soient en communion avec Dieu (cf. 1 Jn 1,3). La contemplation silencieuse nous immerge dans la source de l’Amour, qui nous conduit vers notre prochain, pour sentir sa douleur et lui offrir la lumière du Christ, son Message de vie, son don d’amour total qui sauve.
Dans la contemplation silencieuse se révèle ensuite, encore plus fortement, cette Parole Eternelle par laquelle le monde fut créé, et l’on comprend le dessein de salut que Dieu réalise à travers ses paroles et ses gestes dans toute l'histoire de l'humanité. Comme le rappelle le Concile Vatican II, la Révélation divine « se réalise par des actions et des paroles intrinsèquement liées entre elles, si bien que les œuvres, accomplies par Dieu dans l’histoire du salut, manifestent et corroborent la doctrine et les réalités signifiées par les paroles, et que les paroles de leur côté, proclament les œuvres et élucident le mystère qui y est contenu ». (Dei Verbum, n. 2). Et ce dessein de salut culmine dans la personne de Jésus de Nazareth, médiateur et plénitude de toute la Révélation. Il nous a fait connaître le vrai Visage de Dieu Père et par sa Croix et sa Résurrection, il nous a fait passer de l'esclavage du péché et de la mort à la liberté des enfants de Dieu. La question fondamentale sur le sens de l'homme trouve dans le Mystère du Christ la réponse capable d’apaiser l'inquiétude du cœur humain. C’est de ce Mystère que naît la mission de l'Église, et c’est ce Mystère qui pousse les chrétiens à se faire messagers d’espérance et de salut, témoins de cet amour qui promeut la dignité de l'homme et construit justice et paix.
Silence et parole. S'éduquer à la communication veut dire apprendre à écouter, à contempler, bien plus qu'à parler, et ceci est particulièrement important pour les acteurs de l’évangélisation : silence et parole sont les deux éléments essentiels et parties intégrantes de l’action de communiquer de l'Église, pour un renouveau de l’annonce du Christ dans le monde contemporain. À Marie, dont le silence « écoute et fait fleurir la Parole » (Prière pour l'Agora des Jeunes à Lorette, 1-2 septembre 2007), je confie toute l'œuvre d'évangélisation que l'Église accomplit à travers les moyens de communication sociale.
Du Vatican, le 24 janvier 2012, Fête de saint François de Sales
BENEDICTUS PP. XVI
Lettre du pape Benoît XVI en préparation à la VIIe rencontre mondiale des familles
En conclusion de la vie rencontre mondiale des familles, qui s'est déroulée à Mexico en janvier 2009, j'ai annoncé que le prochain rendez-vous des familles catholiques du monde avec le Successeur de Pierre aurait eu lieu à Milan, en 2012, sur le thème: «La famille: le travail et la fête». Désirant à présent lancer la préparation de cet événement important, je suis heureux de préciser que celui-ci, si Dieu le veut, se déroulera du 30 mai au 3 juin et de fournir dans le même temps quelques indications plus précises relatives au thème et aux modalités de réalisation.
Le travail et la fête sont intimement liés à la vie des familles: ils conditionnent leurs choix, influencent les relations entre les époux, et entre les parents et les enfants, ont un effet sur le rapport de la famille avec la société et l'Eglise. Les Saintes Ecritures (cf. Gn 1-2) nous disent que famille, travail et jours fériés sont des dons et des bénédictions de Dieu pour nous aider à vivre une existence pleinement humaine. L'expérience quotidienne atteste que le développement authentique de la personne comprend tant la dimension individuelle, familiale et communautaire que les activités et les relations fonctionnelles, ainsi que l'ouverture à l'espérance et au Bien sans fin.
Malheureusement, de nos jours, l'organisation du travail, pensée et réalisée en fonction de la concurrence du marché et du plus grand profit, ainsi que la conception de la fête comme occasion d'évasion et de consommation, contribuent à désagréger la famille et la communauté, et à diffuser un style de vie individualiste. Il faut donc promouvoir une réflexion et un engagement visant à concilier les exigences et les temps de travail avec ceux de la famille et à récupérer le sens véritable de la fête, en particulier du dimanche, pâque hebdomadaire, jour du Seigneur et jour de l'homme, jour de la famille, de la communauté et de la solidarité.
La prochaine rencontre mondiale des familles constitue une occasion privilégiée de repenser le travail et la fête dans la perspective d'une famille unie et ouverte à la vie, bien insérée dans la société et dans l'Eglise, attentive à la qualité des relations ainsi qu'à l'économie de la cellule familiale elle-même. Pour être véritablement bénéfique, l'événement ne devrait toutefois pas rester isolé, mais se placer dans un parcours adéquat de préparation ecclésiale et culturelle. Je souhaite donc que, déjà au cours de l'année 2011, XXXe anniversaire de l'Exhortation apostolique Familiaris consortio, «magna charta» de la pastorale familiale, un itinéraire adapté puisse être entrepris, accompagné d'initiatives au niveau paroissial, diocésain et national, visant à mettre en lumière des expériences de travail et de fête dans leurs aspects les plus véritables et positifs, avec une attention particulière pour leur influence sur le vécu concret des familles. Les familles chrétiennes et les communautés ecclésiales du monde entier doivent donc se sentir interpellées et impliquées et se mettre rapidement en chemin vers «Milan 2012».
La VIIe rencontre mondiale aura, comme les précédentes, une durée de cinq jours et culminera le samedi soir avec la «Fête des témoignages» et le dimanche matin avec la Messe solennelle. Ces deux célébrations, que je présiderai, nous verront tous réunis comme «famille de familles». Le déroulement général de l'événement sera organisé de façon à harmoniser pleinement les diverses dimensions: prière communautaire, réflexion théologique et pastorale, temps de fraternité et d'échange entre les familles accueillies et celles du territoire, écho médiatique.
Que le Seigneur récompense dès à présent par d'abondantes faveurs célestes l'archidiocèse ambrosien pour la généreuse disponibilité et l'engagement organisatif mis au service de l'Eglise universelle et des familles appartenant à tant de nations.
Tandis que j'invoque l'intercession de la Sainte Famille de Nazareth, dédiée au travail quotidien et assidue aux célébrations de fête de son peuple, je vous donne de tout cœur vénéré frère, ainsi qu'à vos collaborateurs, la Bénédiction apostolique, qu'avec une affection particulière, j'étends volontiers à toutes les familles engagées dans la préparation de la grande rencontre de Milan.
De Castel Gandolfo, le 23 août 2010
Benoît XVI
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
1er JANVIER 2012
1. ÉDUQUER LES JEUNES À LA JUSTICE ET À LA PAIX
Le début d'une nouvelle année, don de Dieu à l’humanité, m’incite à adresser à tous, avec grande confiance et affection, un message spécial de vœux pour ce temps qui est devant nous, afin qu’il soit marqué concrètement par la justice et par la paix.
Avec quelle attitude allons-nous envisager la nouvelle année? Dans le Psaume 130, nous trouvons une très belle image. Le psalmiste dit que l’homme de foi attend le Seigneur « plus que les veilleurs l’aurore » (v. 6), il l’attend avec une ferme espérance, parce qu’il sait qu’elle apportera lumière, miséricorde, salut. Cette attente naît de l’expérience du peuple élu, qui reconnaît que Dieu l’éduque à regarder le monde tel qu’il est en vérité et à ne pas se laisser abattre par les tribulations. Je vous invite à considérer l’année 2012 avec cette attitude confiante. Il est vrai qu’au cours de l’année qui s’achève, le sentiment de frustration suscité par la crise qui frappe la société, le monde du travail et l’économie a augmenté; une crise dont les racines sont avant tout culturelles et anthropologiques. Il semble presque qu’une chape d’obscurité soit venue recouvrir notre temps et ne permette pas de voir avec clarté la lumière du jour.
Dans cette obscurité, le cœur de l’homme ne cesse toutefois d’attendre l’aurore dont parle le psalmiste. Cette attente est particulièrement vive et visible chez les jeunes, et c’est pourquoi ma pensée va vers eux en considérant la contribution qu’ils peuvent et doivent offrir à la société. Je voudrais donc présenter le Message pour la XLVe Journée Mondiale de la Paix dans une perspective éducative: « Éduquer les jeunes à la justice et à la paix », convaincu qu’ils peuvent par leur enthousiasme et leur ardeur en vue d’un idéal, offrir une nouvelle espérance au monde.
Mon Message s’adresse également aux parents, aux familles, à toutes les composantes éducatives, formatives, comme aussi aux responsables dans les différents milieux de la vie religieuse, sociale, politique, économique, culturelle et de la communication. Être attentifs au monde des jeunes, savoir l'accueillir et le valoriser, n’est pas seulement une opportunité, mais un devoir fondamental de toute la société, pour la construction d’un avenir de justice et de paix.
Il s’agit de communiquer aux jeunes une appréciation de la valeur positive de la vie, en suscitant en eux le désir de la dédier au service du Bien. C’est là une tâche qui nous engage tous personnellement.
Les préoccupations exprimées par de nombreux jeunes ces derniers temps, dans différentes régions du monde, manifestent le désir de pouvoir regarder l’avenir avec une espérance fondée. Actuellement, les aspects qu’ils vivent avec appréhension sont nombreux : le désir de recevoir une formation qui les prépare de manière plus profonde à affronter la réalité, la difficulté de former une famille et de trouver un emploi stable, la capacité effective de participer au monde de la politique, de la culture et de l’économie pour construire une société ayant un visage plus humain et solidaire.
Il est important que ces ferments, et l’élan vers un idéal qu’ils contiennent, trouvent l’attention qui leur est due de la part de tous les membres de la société. L’Église regarde les jeunes avec espérance ; elle a confiance en eux et elle les encourage à rechercher la vérité, à défendre le bien commun, à avoir des perspectives ouvertes sur le monde et des yeux capables de voir des « choses nouvelles » (Is 42, 9; 48, 6)!
2. Les responsables de l’éducation
L’éducation est l’aventure la plus fascinante et difficile de la vie. Éduquer – du latin educere – signifie conduire hors de soi pour introduire à la réalité, vers une plénitude qui fait grandir la personne. Ce processus se nourrit de la rencontre de deux libertés, celle de l’adulte, et celle du jeune. Ceci demande la responsabilité du disciple qui doit être ouvert pour se laisser guider vers la connaissance de la réalité, et celle de l’éducateur qui doit être disposé à se donner lui-même. Plus que jamais sont nécessaires pour cela d’authentiques témoins et non pas de simples dispensateurs de règles et d’informations ; des témoins qui sachent voir plus loin que les autres, parce que leur vie embrasse des espaces plus vastes. Le témoin est celui qui vit en premier le chemin qu’il propose.
Quels sont les lieux où mûrit la vraie éducation à la paix et à la justice? Il y a d’abord la famille, puisque les parents sont les premiers éducateurs. La famille est la cellule originaire de la société. « C’est dans la famille que les enfants apprennent les valeurs humaines et chrétiennes qui permettent une coexistence constructive et pacifique. C’est dans la famille qu’on apprend la solidarité entre les générations, le respect des règles, le pardon et l’accueil de l’autre » [1]. Elle est la première école où on est éduqué à la justice et à la paix.
Nous vivons dans un monde où la famille, et aussi la vie elle-même, sont constamment menacées et assez fréquemment brisées. Des conditions de travail souvent peu compatibles avec les responsabilités familiales, des préoccupations pour l’avenir, des rythmes de vie frénétiques, des migrations en recherche de moyens de subsistance adaptés – voire même de simple survivance –, finissent par rendre difficile la possibilité d’assurer aux enfants un des biens les plus précieux: la présence des parents; une présence qui permette un partage toujours plus approfondi du chemin afin de pouvoir transmettre l’expérience et les certitudes acquises avec les années, qui ne peuvent se communiquer que grâce au temps passé ensemble. Aux parents, je désire dire de ne pas perdre courage! Par l’exemple de leur vie, qu’ils exhortent leurs enfants à placer leur espérance avant tout en Dieu, de là seulement surgissent justice et paix authentiques.
Je voudrais m’adresser aussi aux responsables des institutions qui ont un devoir éducatif : qu’avec un grand sens des responsabilités, ils veillent à ce que la dignité de chaque personne soit respectée et valorisée en toutes circonstances. Qu’ils aient soin que chaque jeune puisse découvrir sa propre vocation, en l’accompagnant pour faire fructifier les dons que le Seigneur lui a accordés. Qu’ils donnent aux familles l’assurance que leurs enfants puissent avoir un parcours de formation qui ne soit pas en contradiction avec leur conscience et leurs principes religieux.
Que chaque structure éducative puisse être un lieu d’ouverture au transcendant et aux autres ; un lieu de dialogue, de cohésion et d’écoute, où le jeune se sente valorisé dans ses propres potentialités et ses richesses intérieures, et apprenne à estimer vraiment ses frères. Que ce lieu puisse enseigner aussi à goûter la joie qui jaillit du fait de vivre, jour après jour, dans la charité et dans la compassion envers le prochain, et dans la participation active à la construction d’une société plus humaine et fraternelle.
Je me tourne ensuite vers les responsables politiques, en leur demandant d’aider concrètement les familles et les institutions éducatives à exercer leur droit et leur devoir d’éduquer. Un soutien adapté à la maternité et à la paternité ne doit jamais manquer. Qu’ils fassent en sorte que l’accès à l’instruction ne soit jamais nié à personne, et que les familles puissent choisir librement les structures éducatives qu’elles retiennent être plus conformes au bien de leurs enfants. Qu’ils s’engagent à favoriser le regroupement des familles qui sont divisées par la nécessité de trouver des moyens de subsistance. Qu’ils offrent aux jeunes une image limpide de la politique, comme un service véritable pour le bien de tous.
En outre, je ne peux pas ne pas en appeler au monde des médias afin qu’il donne sa contribution éducative. Dans la société d’aujourd’hui, les moyens de communication de masse ont un rôle particulier: non seulement ils informent, mais ils façonnent aussi l’esprit de leurs destinataires et ils peuvent donc contribuer de façon notable à l’éducation des jeunes. Il est important de retenir que le lien entre éducation et communication est très étroit : l’éducation advient en effet par les moyens de communication, qui influent sur la formation de la personne d’une manière positive ou négative.
Les jeunes aussi doivent avoir le courage de vivre en premier eux-mêmes ce qu’ils demandent à ceux qui les entourent. C’est une grande responsabilité qui les concerne: qu’ils aient la force de faire un usage bon et conscient de leur liberté. Ils sont eux aussi responsables de leur propre éducation et de votre formation à la justice et à la paix !
3. Éduquer à la vérité et à la liberté
Saint Augustin se demandait: « Quid enim fortius desiderat anima quam veritatem? – Que désire l’homme plus fortement que la vérité?–» [2] Le visage humain d’une société dépend beaucoup de la contribution de l’éducation à maintenir vive cette demande qu’on ne peut pas supprimer. En effet, l’éducation concerne la formation intégrale de la personne, y compris la dimension morale et spirituelle de l’être, en vue de sa fin ultime et du bien de la société dont elle est membre. Dès lors, pour éduquer à la vérité, il convient avant tout de savoir qui est la personne humaine et d’en connaître la nature. Contemplant la réalité qui l’entoure, le psalmiste réfléchit: « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci? » (Ps 8, 4-5).
Voici la question fondamentale à se poser: qui est l’homme? L’homme est un être qui porte dans son cœur une soif d’infini, une soif de vérité – non partielle, mais capable d’expliquer le sens de la vie – car il a été créé à l’image et selon la ressemblance de Dieu. Reconnaître alors, avec gratitude, la vie comme un don inestimable, porte à découvrir la propre dignité profonde et l’inviolabilité de chaque personne. C’est pourquoi, la première éducation consiste dans le fait d’apprendre à reconnaître dans l’homme l’image du Créateur et, par conséquent, à avoir un respect profond pour tout être humain et à aider les autres à avoir une vie conforme à cette très haute dignité. Il ne faut jamais oublier que « le développement authentique de l’homme concerne unitairement la totalité de la personne dans chacune de ses dimensions » [3], y compris sa dimension transcendante, et que la personne ne peut être sacrifiée en vue d’obtenir un bien particulier, qu’il soit économique ou social, individuel ou collectif.
C’est seulement par sa relation avec Dieu que l’homme comprend aussi le sens de sa propre liberté. Et c’est la tâche de l’éducation de former à la liberté authentique. Celle-ci n’est pas l’absence de liens ou le règne du libre arbitre, elle n’est pas l’absolutisme du « je ». L’homme qui se croit absolu, qui n’est dépendant de rien et de personne, et qui croit pouvoir faire tout ce qu’il veut, finit par contredire la vérité de son propre être et par perdre sa liberté. Au contraire, l’homme est un être relationnel qui vit en relation avec les autres et avec Dieu surtout. La liberté authentique ne peut jamais être atteinte dans l’éloignement de Dieu.
La liberté est une valeur précieuse, mais délicate; elle peut être mal comprise et mal utilisée. « Aujourd’hui, un obstacle extrêmement menaçant pour l’œuvre d’éducation est constitué par la présence massive, dans notre société et notre culture, de ce relativisme qui, en ne reconnaissant rien comme définitif, ne laisse comme ultime mesure que son propre moi avec ses désirs, et sous l’apparence de la liberté devient une prison pour chacun, séparant l’un de l’autre et réduisant chacun à se retrouver enfermé dans son propre « Moi ». Dans un tel horizon relativiste une véritable éducation n’est donc pas possible: en effet, sans la lumière de la vérité toute personne est condamnée, à un moment ou à un autre, à douter de la bonté de sa vie même et des relations qui la constituent, de la valeur de son engagement pour construire quelque chose en commun avec les autres » [4].
Pour exercer sa liberté, l’homme doit alors dépasser l’horizon relativiste et connaître la vérité sur lui-même, et la vérité sur le bien et le mal. Au fond de sa conscience, l’homme découvre une loi qu’il ne se donne pas lui-même, mais à laquelle il doit obéir au contraire et dont la voix l’appelle à aimer, à faire le bien et à fuir le mal, à assumer la responsabilité du bien accompli et du mal commis [5]. Pour cela, l’exercice de la liberté est profondément lié à la loi morale naturelle, qui est de caractère universel. Elle exprime la dignité de chaque personne, pose les bases de ses droits et devoirs fondamentaux, et par conséquent et en dernière analyse, du vivre-ensemble juste et pacifique entre les personnes.
Le juste usage de la liberté est donc central pour la promotion de la justice et de la paix, qui requièrent le respect pour soi-même et pour l’autre, même s’il est loin de son mode d’être et de vivre. De cette attitude proviennent les éléments sans lesquels la paix et la justice restent des paroles privées de contenu: la confiance réciproque, la capacité à construire un dialogue constructif, la possibilité du pardon – que tant de fois on aimerait obtenir mais qu’on a de la peine à donner –, la charité réciproque, la compassion pour les plus faibles, comme également la disponibilité au sacrifice.
4. Éduquer à la justice
Dans notre monde où la valeur de la personne, de sa dignité et de ses droits – au-delà des déclarations d’intentions – est sérieusement menacée par la tendance généralisée à recourir exclusivement aux critères de l’utilité, du profit et de l’avoir, il est important de ne pas couper le concept de justice de ses racines transcendantes. La justice, en effet, n’est pas une simple convention humaine, car ce qui est juste n’est pas déterminé originairement par la loi positive, mais par l’identité profonde de l’être humain. C’est la vision intégrale de l’homme qui permet de ne pas tomber dans une conception contractuelle de la justice et d’ouvrir aussi, grâce à elle, l’horizon de la solidarité et de l’amour [6].
Nous ne pouvons pas ignorer que certains courants de la culture moderne, soutenus par des principes économiques rationalistes et individualistes, ont aliéné le concept de justice jusque dans ses racines transcendantes, le séparant de la charité et de la solidarité : « la cité de l’homme n’est pas uniquement constituée par des rapports de droits et de devoirs, mais plus encore, et d’abord, par des relations de gratuité, de miséricorde et de communion. La charité manifeste toujours l’amour de Dieu, y compris dans les relations humaines. Elle donne une valeur théologale et salvifique à tout engagement pour la justice dans le monde ». [7]
« Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés » (Mt 5, 6). Ils seront rassasiés parce qu’ils ont faim et soif de relations justes avec Dieu, avec eux-mêmes, avec leurs frères et sœurs, et avec la création tout entière.
5. Éduquer à la paix
« La paix n’est pas seulement absence de guerre et elle ne se borne pas à assurer l’équilibre des forces adverses. La paix ne peut s’obtenir sur terre sans la sauvegarde des biens des personnes, la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des personnes et des peuples, la pratique assidue de la fraternité » [8]. La paix est un fruit de la justice et un effet de la charité. La paix est avant tout un don de Dieu. Nous chrétiens, nous croyons que le Christ est notre vraie paix: en Lui et dans Croix, Dieu a réconcilié le monde avec Lui et a détruit les barrières qui nous séparaient les uns des autres (cf. Ep 2, 14-18); en Lui il y a une seule famille réconciliée dans l’amour.
Toutefois, la paix n’est pas seulement un don à recevoir, mais bien également une œuvre à construire. Pour être vraiment des artisans de paix, nous devons nous éduquer à la compassion, à la solidarité, à la collaboration, à la fraternité, être actifs au sein de la communauté et vigilants à éveiller les consciences sur les questions nationales et internationales et sur l’importance de la recherche de modalités adéquates pour la redistribution de la richesse, pour la promotion de la croissance, pour la coopération au développement et pour la résolution des conflits. « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu », affirme Jésus dans le discours sur la montagne (Mt 5, 9).
La paix pour tous naît de la justice de chacun. Personne ne peut éluder cette tâche essentielle de promouvoir la justice, selon ses propres compétences et ses responsabilités. J’invite particulièrement les jeunes, qui maintiennent toujours vive la tension vers des idéaux, à avoir de la patience et de la ténacité dans la recherche de la justice et de la paix, dans l’éducation du goût pour ce qui est juste et vrai, même si cela peut comporter des sacrifices et aller à contre-courant.
6. Lever les yeux vers Dieu
Face au difficile défi dans le parcours des voies de la justice et de la paix, nous pouvons être tentés de nous demander, comme le psalmiste : « Je lève les yeux vers les montagnes: mon secours, d’où viendra-t-il ? » (Ps 121, 1).
Je veux dire à tous avec force, et particulièrement aux jeunes: « Ce ne sont pas les idéologies qui sauvent le monde, mais c’est seulement le fait de se tourner vers le Dieu vivant, le garant de ce qui est véritablement bon et vrai… [le fait de] se tourner sans réserve vers Dieu, qui est la mesure de ce qui est juste et qui est, en même temps, l’amour éternel. Qu’est-ce qui pourrait bien nous sauver sinon l’amour? » [9] L’amour se réjouit de la vérité, il est la force qui donne la capacité de s’engager pour la vérité, la justice et la paix, car il excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout (cf. 1 Co 13, 1-13).
Chers jeunes, vous êtes un don précieux pour la société.
Face aux difficultés, ne vous laissez pas prendre par le découragement et ne vous complaisez pas dans de solutions, qui, souvent, se présentent comme la voie la plus facile pour résoudre les problèmes. N’ayez pas peur de vous engager, d’affronter l’effort et le sacrifice, de choisir des chemins qui exigent la fidélité et la constance, l’humilité et le dévouement. Vivez avec confiance votre jeunesse et les désirs profonds de bonheur, de vérité, de beauté et d’amour vrai que vous éprouvez! Vivez intensément cette phase de la vie si riche et pleine d’enthousiasme.
Prenez conscience d’être vous-mêmes des exemples stimulants pour les adultes. Plus vous vous efforcez de vaincre les injustices et la corruption, plus vous désirerez un avenir meilleur et vous vous engagerez à le construire, alors vous le serez vraiment. Ayez conscience de vos potentialités et ne vous repliez jamais sur vous-mêmes, mais sachez travailler pour un avenir plus lumineux pour tous. Vous n’êtes jamais seuls. L’Église a confiance en vous, elle vous suit, elle vous encourage et désire vous offrir ce qu’elle a de plus précieux : la possibilité de lever les yeux vers Dieu, de rencontrer Jésus Christ, Celui qui est la justice et la paix.
À vous tous, hommes et femmes qui avez à cœur la cause de la paix! La paix n’est pas un bien déjà acquis, mais un objectif auquel, tous et chacun, nous devons aspirer. Regardons l’avenir avec une plus grande espérance, encourageons-nous les uns les autres dans notre cheminement, travaillons à donner à notre monde un visage plus humain et fraternel, et sentons-nous unis dans la responsabilité envers les jeunes générations présentes et futures, en particulier en les éduquant à être des personnes pacifiques et des artisans de paix. C’est sur la base de cette prise de conscience que je vous confie ces réflexions, et que je vous adresse mon appel: unissons nos forces spirituelles, morales et matérielles, pour « éduquer les jeunes à la justice et à la paix ».
Du Vatican, le 8 décembre 2011.
BENEDICTUS PP XVI
A 20 ans Gauthier se prépare au baptême
Après un stage de 6 mois à Pékin, Gauthier suit des cours à l’université de Shanghai dans le cadre de ses études, issu d’une famille catholique, Gauthier n’a jamais reçu d’enseignement religieux, ses parents pensant que l’adhésion à une religion ne doit pas être un héritage mais un choix et aujourd’hui il a choisi !
1 - Gauthier quels évènements et quelles réflexions te motivent dans ta démarche vers le baptême ?
Mon arrivée en Chine en Février 2011 a constitué la ère pierre de mon cheminement, loin de mes racines et imprégné dans une nouvelle culture, ce nouvel environnement m’a ouvert les yeux sur ma propre identité mais également sur les différentes façon de penser sa vie. A 20ans, de nombreuses questions se posent sur notre avenir et sur ce vers quoi nous voulons tendre, quel genre d’homme voulons nous devenir? Quelles sont les valeurs qui nous définissent ? Quel rôle voulons nous jouer dans un monde de plus en plus troublé où les injustices et les inégalités sont légions ?
Sans pouvoir mettre de mots sur ces valeurs, je me rapprochais inconsciemment et partageais les valeurs de l’Eglise Catholique. En septembre dernier ma rencontre avec un membre de la paroisse, Xavier Trébuchet, m’a permis de découvrir la Foi.
2 - Qu’attends tu le plus de ce cheminement de 2 ans vers Dieu ?
Ma plus grande attente dans ce cheminement est avant tout d’apprendre à connaître le Christ au travers de la lecture et l’étude des évangiles mais également de réfléchir sur la Foi tant sur le plan philosophique que personnel. Le père François Josef m’accompagne dans cette démarche, c’est une grande joie de pouvoir apprendre et raisonner avec lui sur la théologie mais également la Morale ou la Vérité, c’est un homme d’une grande qualité.
Le choix du baptême n’est pas à mon sens anodin, il s’agit d’accepter Dieu dans son cœur pour le reste de notre vie; une décision aussi importante ne saurait être prise à la légère car la Foi n’est pas une posture. La vérité se renforce à l' épreuve de la critique et du questionnement, sans cette phase, mon engagement n’aurait pas de sens et serait superficiel.
3 - Que vois-tu comme la chose la plus importante pour toi dans le sacrement du baptême ?
Accepter et faire régner Dieu dans mon cœur est pour moi le plus important. Le baptême est la signification du rejet du mal et de la tentation auquel nous sommes tous soumis et plus particulièrement ma génération qui prend en ce moment des décisions qui impacteront le reste de leurs vies. C’est le début d’un long voyage qui s’annoncera, l’entrée dans un nouveau monde.
4 - Que penses-tu que cela va changer dans ta vie ?
Je crois que mon engagement va pouvoir me guider dans toute les décisions futures auquel je serai confronter, m’aider à réfléchir sur mon rôle et à être plus utile dans une société devenant de plus en plus désolidarisée, agir pour le bien. Faire la différence entre l’important et l' accessoire. Jean Baptiste Chassignet écrivait dans son poème Le Mépris de la vie et consolation contre la mort. “Puis connaissant l’état de ta fragilité,Fonde en Dieu seulement, estimant vanité, Tout ce qui ne te rend plus savant et plus sage.”
Etudiants internationaux, annoncez l'Evangile !
Sollicitude de Benoît XVI pour les étudiants étrangers
ROME, vendredi 2 décembre 2011 (ZENIT.org) –
Les jeunes étudiants internationaux sont eux aussi responsables de l'annonce de l'Evangile en milieu universitaire, pour construire un monde à "visage humain", déclare Benoît XVI.
Le pape a reçu ce vendredi 2 décembre au Vatican les membres du IIIe congrès mondial de la pastorale des étudiants internationaux organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement.
Benoît XVI insiste sur le fait que "le monde universitaire constitue pour l'Eglise un champ privilégié d'évangélisation".
Mais cette évangélisation doit être le fait des jeunes eux-mêmes: "Chers jeunes étudiants, je vous encourage à profiter du temps de vos études pour grandir dans la connaissance et l'amour du Christ, alors que vous parcourez votre itinéraire de formation intellectuelle et culturelle", déclare le pape.
Un patrimoine de sagesse et de foi
"En conservant votre patrimoine de sagesse et de foi, dans l'expérience de votre formation culturelle à l'étranger, vous pourrez avoir une précieuse occasion d'universalité, de fraternité, et aussi de communication de l'Evangile", insiste Benoît XVI.
Benoît XVI encourage cette pastorale qui vise à aider les jeunes dans leur "formation" pour qu'ils puissent faire face aux défis "de la mondialisation et de la sécularisation". Il souhaite aux étudiants qu'après avoir été les "destinataires" de cette "sollicitude pastorale", ils en deviennent à leur tour des "acteurs" dans la "mission de l'Eglise".
A propos du thème du congrès - "Etudiants internationaux et rencontre des cultures" -, Benoît XVI fait observer que "la rencontre des cultures est une réalité fondamentale à notre époque et pour l'avenir de l'humanité et de l'Eglise".
"L'homme et la femme, a expliqué le pape en citant Vatican II, ne peuvent atteindre un niveau de vie pleinement humain sinon grâce à la culture" (Gaudium et spes, 53); et l'Eglise est attentive au caractère central de la personne humaine en tant qu'actrice de l'activité culturelle ou comme sa destinataire ultime".
"Aujourd'hui, plus que jamais, a insisté le pape, l'ouverture réciproque entre les cultures est le terrain privilégié pour le dialogue entre ceux qui sont engagés dans la recherche d'un authentique humanisme".
Le pape voit dans l'université le lieu par excellence de cette rencontre: "La rencontre des cultures en milieu universitaire doit donc être encouragée et soutenue, avec pour fondement les principes humains et chrétiens, les valeurs universelles, afin qu'ils aident à faire grandir une nouvelle génération capable de dialogue et de discernement, engagée à diffuser le respect et la collaboration pour la paix et le développement.
Benoît XVI met son espoir dans ces jeunes: "Les étudiants internationaux ont en effet la capacité de devenir, avec leur formation intellectuelle, culturelle et spirituelle, des artisans et des acteurs d'un monde au visage plus humain."
Pour un monde à visage humain
C'est pourquoi le pape encourage les programmes au "niveau continental et mondial" pour offrir cette possibilité aux jeunes.
Benoît XVI fait état des difficultés qui poussent des jeunes à aller se former en dehors de leurs pays et il fait observer que le phénomène des étudiants internationaux est en augmentation, à l'intérieur du phénomène migratoire. D'où, ajoute le pape, la nécessité de leur offrir une "préparation intellectuelle, culturelle et spirituelle saine et équilibrée" pour qu'ils ne soient pas tentés par la "fuite des cerveaux" mais forment "une catégorie socialement et culturellement importante dans la perspective de leur retour dans leurs pays d'origine comme de futurs responsables, et qu'ils contribuent à construire des "ponts" culturels, sociaux et spirituels avec leurs pays d'accueil".
Le pape rappelle aussi le rôle des institutions catholiques: "L'université et les institutions catholiques d'éducation supérieure sont appelés à être des "laboratoires en humanité", en offrant des programmes et des cours qui stimulent les jeunes étudiants dans la recherche non seulement d'une qualification professionnelle, mais aussi de la réponse à la question du bonheur, du sens et de la plénitude, qui habite le coeur de l'homme".
Anita S. Bourdin
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